Rythm & Blues

On 26/03/2014 by admin

Le R&B, comme son nom l’indique est généralement un blues plus rythmé. Pour rappel, le blues est souvent lent, plutôt mélancolique, voire triste sauf quand il est proche de l’esprit work-song ou du gospel. On y retrouve aussi de fortes influences de jazz swing et de boogie-woogie.

Le R&B est donc plus rythmé et aussi un peu plus rapide. L’accent a été mis sur la batterie. Les cuivres, dont le saxophone, prendront une grande place aux côtés des blues shouters, ces chanteurs percutants à voix sonore (chant hurlé). Le R&B se joue souvent sur la grille de blues classique (12 mesures). Cette forme de rhythm ‘n’ blues se développe surtout dans les grandes villes comme New-York ou Los Angeles.

Signalons deux figures de proue du R&B new-yorkais : le saxophoniste et chanteur Louis Jordan (Caldonia) et le batteur Chick Webb. C’est par ailleurs dans l’orchestre de Chick que débutera la chanteuse Ella Fitzgerald. Elle reprendra l’orchestre à son compte au décès de Chick.

Big Joe Turner sera lui un des représentants du R&B de la côte ouest quoiqu’il ait d’abord tenté sa chance à New-York. Il commence comme chanteur d’église, puis chanteur de blues avant de devenir un des pionniers du rock’n’roll dans les années 1950. Entre-temps il passera donc par la « case »  R&B en compagnie du pianiste de boogie-woogie Pete Johnson. Ensemble ils ouvriront d’ailleurs un bar à Los Angeles, The Blue Moon Club. Son plus grand succès R&B « Shake, Rattle, and Roll » fera l’objet d’une reprise par Bill Haley qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires.

Dans le sud des USA, Roy Brown, pianiste et chanteur de La Nouvelle-Orléans (Louisiane), crée un autre courant de R&B que l’on appellera le « jump blues, fortement inspiré du blues et du gospel.
Il est moins dur au niveau vocal, peut-être un peu plus sirupeux à la façon des crooners Frank Sinatra et Bing Crosby qui influencèrent beaucoup Roy Brown. Il composa et interpréta de nombreuses chansons à succès telles que Hard Luck Blues et Good Rockin’ Tonight. Cette dernière fera l’objet d’une mémorable reprise par Elvis Presley et deviendra un grand classique du Rock and Roll.

Il faut évoquer aussi cette forme de R&B essentiellement vocale qu’est le doo-wop. Le chanteur principal expose la mélodie. Les autres chanteurs le soutiennent harmoniquement (souvent du I.VI.II.V) en s’efforçant de reproduire les instruments d’un véritable orchestre avec des onomatopées (basse, guitare, riffs de cuivres). Les Platters sont représentatifs de l’époque et se font connaître avec « Only you » et « The Great Pretender » aux alentours de 1955. Citons également dans les années 90 le groupe vocal cubain « Sampling » dans la lignée de Bobby Mac Ferrin. Dans la toute dernière génération de chanteurs Bruno Mars avoue apprécier le doo-wop et l’incorpore dans ses disques.

Le R&B comporte de nombreux autres courants. Ray Charles, Etta James, Percy Mayfield, James Brown, Fats Domino, Little Richard et Ike Turner ont été de grands artistes de rhythm’n’blues. Cette nouvelle approche du blues qu’est le R&B apparaît aux alentours de 1940 et sera au départ l’apanage des musiciens noirs. C’est pour cette raison que le R&B fut d’abord appelé « race music » (musique des noirs), terme jugé trop péjoratif à l’époque. Le nouveau terme, plus générique, plus commercial, est crée par Jerry Wexler, journaliste au Billboard puis producteur chez Atlantic Records. Le hit-parade de la race music se transforme en hit-parade R&B.

Globalement c’est l’époque où le public blanc s’ouvre de plus en plus à la musique afro-américaine, ce qui poussera les musiciens blancs à reprendre ce R&B à « leur compte » si on peut dire et en faire le rock’n’roll. Du côté « black » le terme R&B sera supplanté par celui de « Soul » dans les années 60 avec l’avènement de la  Motown et ce qui correspond aussi à la grande époque de James Brown. Mais le terme R’nB traversera les décennies, tout en continuant à s’enrichir de nouveaux courants tel le hip-hop…

 

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