Le Blues

On 03/03/2014 by admin

Si vous allez aux États-Unis d’Amérique, vous ne manquerez pas de faire un détour par la petite ville de Florence en Alabama. Vous y retrouverez encore intacte et donc bien conservée la cabane en bois (le chalet) où naquit William Christopher Handy, trompettiste et auteur-compositeur de blues de son état. Il était et est toujours considéré comme « le Père du Blues ». Un festival très fameux lui est d’ailleurs consacré dans sa ville natale, festival où se produisent les plus grands bluesmen et jazzmen (l’organiste Jimmy Smith, le trompettiste Dizzy Gillepsie,,,). Parmi ses plus belles et plus fameuses compositions : St Louis-Blues et Memphis-Blues.

Extrait de la partition de St-Louis blues

Le Blues est donc un style musical qui apparaît vers la fin du XIXème siècle et est directement à l’origine de la musique de jazz (dont il sera une des composantes), du Rythm’n Blues et du Rock.

Il vient en grande partie des work-songs (chants de travail et donc presque uniquement vocal). Les esclaves noirs qui travaillaient dans les plantations de coton étaient tristes. Ils chantaient pour tromper l’ennui, pour chasser les idées noires, et/ou se donner de l’entrain. Ils avaient le « blues » (le cafard).

Exemple de work song : « Po Lazarus ».

Le Blues est également issu du négro-spiritua qui est une adaptation par les noirs américains des chants religieux européens. Le noir américain y apporte un côté plus rythmique, tonique, voir hypnotique. (Certains historiens musicologues diront que le Blues est en quelle sorte une forme de negro-spiritual profane).

A titre de référence le prototype du negro-spiritual est la chanson « Go down Moses » publiée aux alentours de 1860, et qui a fait l’objet de très nombreuses versions à travers les époques dont bien sûr celles du trompettiste-chanteur Louis Armstrong. A titre de comparaison, le morceau Summertime a été composé par Georges Gershwin autour des années 1933 pour le film Porgy and Bess dans le style negro spiritual.

Les pionniers du blues (chanteurs de blues) dont Robert Johnson, s’accompagnaient le plus souvent au banjo ou à la guitare, le Washboard et l’harmonica ont faits leur apparition dans le blues quasiment à la même époque.

Le piano viendra un peu plus tard et aura même tendance à supplanter la guitare. La suite logique est l’apparition de pianistes-chanteurs de blues dont Leroy Carr et Memphis Slim. Dans la foulée des pianistes de jazz, comme Fletcher Henderson et James P. Johnson accompagneront les plus célèbres chanteuses de blues : Gertrude « Ma » Rainey, « la mère du blues », et sa disciple Bessie Smith, « l’impératrice du blues ».

En vrac quelques grands noms du blues : John Lee Hooker, Muddy Waters,  B. B. King…

  Dans la foulée des pianistes de jazz, comme Fletcher Henderson et James P. Johnson accompagneront les plus célèbres chanteuses de blues : Gertrude « Ma » Rainey, « la mère du blues », et sa disciple Bessie Smith, « l’impératrice du blues ».

Bessie Smith

Structure musicale du blues :

Du point de vue strictement musical, le blues « classique » se déroule sur une grille de 12 mesures : 4 mesures sur l’accord tonique (Ier degré), 2 mesures sur l’accord sous-dominant (IVème degré), 2 mesures sur l’accord tonique, 2 mesures sur l’accord dominant, et pour terminer 2 mesures sur l’accord tonique. Dans la pratique on remplace souvent le dominant par le sous-dominant à la dixième mesure. On revient souvent sur l’accord dominant à la douzième et dernière mesure sauf bien sûr si on veut terminer le morceau.

N.B : Au début du blues, les mesures n’étaient pas toujours respectées, et le nombre de mesures était parfois fluctuant.

 

  Sur cet exemple de grille de blues, on voit bien les 3 périodes (blocs) de 4 mesures.

La mélodie ou le motif exprimés par le chanteur durant le premier bloc (4 premières mesures) se répète presque à l’identique durant le deuxième bloc. Durant le dernier bloc la mélodie (motif) est un peu différente et plus conclusive. A la fin de chaque bloc intervient une petite réponse instrumentale. Dans certains cas, les « couplets » ou « strophes » alterneront avec des « refrains » (chorus) à raison d’un tour de grille pour chacun.

La gamme blues est une gamme majeure à laquelle on aurait rajouté une tierce mineure, une quinte diminuée et une septième mineure. Ces trois notes seront qualifiées de « blue notes ».

L’utilisation de cette gamme et plus particulièrement des blue notes demandera une certaine intelligence, dextérité, et bien sûr un certain feeling.

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