Le Ragtime

On 17/02/2014 by admin

Le ragtime apparaît vers la fin des années 1890 et l’engouement pour ce style musical perdurera jusqu’aux environs de 1915/1917. Il sera alors supplanté par le jazz (dont il sera l’un des principaux précurseurs) et notamment le stride ( Fats Waller « le roi du stride », James P Johnson « le père du stride »).

Le ragtime bénéficiera d’un regain d’intérêt dans les années 1950, 1960 (Claude Bolling), puis 1970/1980, avec l’utilisation de The Entertainer de Scott Joplin dans le film l’Arnaque (The Sting avec Paul Newman et Robert Redford).

Le ragtime est principalement binaire mais aussi ternaire puisqu’il existe aussi la valse ragtime.

Le ragtime vient de la marche (principalement militaire) (voir John Philip Sousa), du cake walk et des coon songs. Tous ces styles généralement joués par des blancs l’étaient aussi par les noirs.

Le cake-walk est une danse populaire née parmi les Noirs de Virginie.

Dans le sud des États-Unis, les esclaves disposaient de rares moments de détente. Le dimanche, ils profitaient parfois de l’absence des maîtres pour faire vivre ce qui leur restait de tradition africaine. Ces moments si rares comptaient beaucoup pour eux. Parfois, les colons conciliants assistaient à ces rendez-vous et récompensaient les meilleurs danseurs par un gâteau, d’où le nom de cake-walk (« marche du gâteau ») donné à ce type de danse syncopée, en forme de marche.

Le Coon song (chansons de nègre, au sens péjoratif du terme) était un genre de musique populaire aux États-Unis entre les années 1880 et 1920, qui présentait une image raciste, dégradante et stéréotypée des noirs américains.

Le ragtime peut se jouer à la guitare, au banjo, au sein d’une fanfare, mais son instrument de prédilection est le piano.

Outre les styles déjà évoqués, le pianiste de ragtime a également une solide formation en musique classique européenne : menuets, mazurkas et valses.

Le pianiste-interprète va syncoper la mélodie (de la main droite) en s’appuyant sur une main gauche qui va s’efforcer de jouer les basses et les accords en alternance.

Cette tendance à la syncope vient bien entendu de l’influence de ses origines africaines car le pianiste de ragtime est souvent d’origine noire.

Les premiers rags connus seront entre-autres le Mississipi Rag de William Krell et le Harlem Rag de Tom Turpin (the father of St-Louis Rag) en 1897.

Viendra ensuite en 1899 le Maple Leaf Rag du célèbre Scott Joplin qui aura un succès énorme avec plus d’un million de partitions vendues. Pour la petite histoire le Maple Leaf était le nom de ce club du Missouri dans lequel jouait Scott Joplin. Les patrons du club Will and Walker Williams avaient choisi ce nom car ils étaient eux mêmes originaires du Canada, la feuille d’érable étant le symbole du Canada.

( Le ragtime a eu énormément de succès au Canada avec toute une flopée de compositeurs, interprètes et éditeurs canadiens).

Bien qu’il soit né chez les Noirs, le ragtime a eu de nombreux protagonistes blancs dont Joseph Francis Lamb ( Walper House Rag (1903) et Rapid Rapids Rag (1905). Avec Joplin et James Scott, il constitue le triumvirat des principaux compositeurs actifs dans le genre.

De nombreux compositeurs ont également répondu et nourri l’engouement suscité par le ragtime à l’ époque, entre autres Charles L. Johnson, Tom Turpin, Eubie Blake.

Des compositeurs majeurs de musique classique européens s’intéressèrent au ragtime, comme Claude Debussy, Erik Satie, Maurice Ravel ou Igor Stravinsky, car dès son introduction en Europe au début du XXème siècle, le ragtime connut un énorme succès.

Quelques interprètes connus ayant enregistré :John Philip Sousa and his band (Brass Band), Victor Minstrels (Vocal), Victor Military Band (Brass Band).

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